*Ta petite main dans la mienne

Ta petite main dans la mienne.

C’est bête, cette photo m’est précieuse. Peut être parce que mon bébé se transforme de jour en jour, particulièrement depuis qu’elle marche, et que dans sa volonté d’explorer le monde, j’ai l’impression qu’elle a moins besoin de moi.

C’est bête hein, mais lorsqu’Iris a fait ses premiers pas, elle ne les a pas fait pour nous rejoindre, mais au contraire pour s’éloigner. Elle a lâché le meuble, et s’est élancée sans filet, dans le vide, sans rien en face. Même mal assurée, elle a toujours refusé de nous tenir la main.

Je crois que ça résume bien son caractère. Aventurière et audacieuse, fonceuse, incroyablement indépendante, avec une soif d’aller voir les autres, ailleurs, plus loin..
Clairement pas dans les jupes de sa mère !

Et c’est fou, mais lorsque je pensais à mon bébé avant sa naissance, je rêvais aussi un peu son caractère. Inconsciemment, je crois que j’avais imaginé un bébé collé à moi, très câlin et tout doux. 🤷🏼‍♀️ Tout le contraire d’Iris !
Et si je veux être honnête, j’en ai un peu souffert parfois. Mais ça m’a permis de comprendre un peu mieux que mon enfant n’était pas une extension de moi-même, ni un mini-moi. Cela m’a permis de vraiment me rendre compte que ma fille était une personne à part entière avec son caractère propre et que mon rôle de maman, était de l’aimer telle qu’elle était, même si elle ne correspondait pas à mes « attentes » de départ. Ca parait incroyablement logique et pourtant parfois, le gap entre le bébé qu’on imaginait et la petite personne que l’on a devant soi peut être énorme. Je suis souvent décontenancée par ses attitudes et en même temps très impressionnée et admirative de ce caractère que je découvre chaque jour.

Bref. Sur cette photo, elle me tient la main, alors qu’elle n’en avait pas spécialement besoin. (Ou peut être que si ?) (et qu’elle n’a d’yeux que pour son père) Juste pour le plaisir je crois. Et moi j’avais le cœur qui s’affolait d’amour.

*Couper le cordon ?

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Iris est à côté de moi, tout près, je l’entends ronfler respirer doucement (soyons sympas). Et je ne peux m’empêcher de jeter des regards répétés vers elle. Comme pour réaliser qu’elle est bien ici, que c’est bien moi qui ai fabriqué ce petit être si précieux. Cinq mois qu’elle est là, et j’en suis encore à ce stade de réflexion. Quand est ce que cela deviendra normal ? Est-ce que ce sera toujours le truc le plus fou qui me soit arrivée dans ma si petite vie ? Au fond, j’ai déjà la réponse.
Si je la couve du regard, c’est aussi parce que c’est devenu la chose la plus instinctive pour moi. Dès l’instant où je l’ai découverte, je ne l’ai plus quittée des yeux. L’allaitement et le sommeil partagé aidant sûrement, j’ai littéralement calqué ma respiration sur la sienne.
J’ai développé une sorte de sixième sens qui me fait entendre le moindre de ses petits gémissements. Comme un radar qui me fait me lever d’un bond au moindre début d’inconfort de sa part la nuit. Même dans une maison à étages, je ne me sers pas de l’écoute bébé.
C’est complètement fou la connexion qui se crée avec son enfant, une sorte de fil invisible qui nous lie de coeur à coeur. Au début, quand Iris pleurait, je pleurais aussi , instantanément. C’était plus fort que tout et très déstabilisant.
Ces premiers mois, j’ai été incapable de la confier à qui que ce soit, comme si elle faisait encore partie de moi. A la maternité, telle une louve avec son petit, je surveillais quiconque s’en approchait. Malgré l’épuisement maximal, j’avais beaucoup de mal à demander de l’aide. Comme un besoin d’acter que c’était moi sa maman.

Je me souviens de la première fois où je l’ai faite dormir dans son berceau plutôt que sur moi, dans notre lit. J’étais épuisée, je me disais qu’il fallait que j’en profite pour dormir aussi, « délestée » de ce petit poids sur ma poitrine. Au lieu de cela, je suis restée immobile, comme amputée d’un membre, dans l’incapacité totale de fermer un oeil, je ne pouvais que la regarder dormir. Ce fameux instinct maternel, tellement puissant. Malgré l’accumulation des nuits blanches, on refuse d’être séparé de son enfant.
Aujourd’hui, enfin, j’ai appris à dormir ! Mais de ce fameux sommeil léger de maman ! ;)

C’est peut être pour ça qu’on nous dit que c’est naturel. Parce que naturel ne veut pas dire « simple » ou « facile ». Juste que cela vient des tripes. Malgré la fatigue physique et psychologique, on refuse de laisser cette petite personne seule ou à quelqu’un d’autre, on va au delà de son propre confort pour elle. C’est peut-être là que commence ce fameux rôle de mère.

Il faut du temps pour apprendre à couper ce fameux cordon. Apprendre que ce petit être qui a grandi en soi, que l’on a eu pendant neuf mois juste pour soi, est une personne à part entière. De un, on devient deux. Pour certaines, cela se fait dès l’accouchement, elles arrivent à retrouver leur individualité instantanément, à déléguer. Pour ma part, je me rends compte que c’est un long processus.
Et puis après tout. Lorsque je la regarde, encore si petite avec ses cinq minuscules mois de vie au compteur, je me dis que nous avons bien le temps pour être indépendantes l’une de l’autre. Cette fusion peut bien durer encore quelques semaines de plus, non ? :)

*Chapitre 2. C’est l’histoire d’un apprivoisement.

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Après un accouchement pareil, on pense un peu qu’on a fait le plus dur ! Quelle blague !
Dès la remontée de la salle d’accouchement, j’ai déchanté ! J’étais épuisée, j’avais l’impression d’avoir survécu à un accident de voiture, juste à l’arrivée d’un marathon ! ^^’ Je perdais encore beaucoup de sang, il était 2h du matin. Je n’avais pas vraiment dormi depuis 48h, je venais de vivre un accouchement long et douloureux. Et j’ai été parachutée dans une chambre, seule car Benoît n’avait pas le droit de rester avec nous pour la nuit.

Ça a été compliqué, d’autant qu’Iris n’a pas été le genre de bébé qui dort pour se remettre de son arrivée fracassante parmi nous. Elle a débordé d’énergie dès l’instant où nous nous sommes retrouvées seules. J’étais sonnée, un peu perplexe devant ce petit être que je ne connaissais pas encore bien. J’avais eu beau imaginer ce moment pendant neuf mois, je n’en revenais pas, j’étais sous le choc.

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*Chapitre 1. C’est l’histoire d’une rencontre.

Nous sommes fin août. Il fait une chaleur écrasante, je me traîne, épuisée par les températures, mon gros ventre et cette fin de grossesse qui n’en finit pas. J’arrive au terme, et toujours rien.
9 mois c’est terriblement long !
Je trépigne d’impatience, je ne ressens aucune contraction, je me demande si ce bébé aura un jour envie de sortir. Non pas que je sois impatiente d’accoucher, oh non, je suis même morte de trouille ! Mais manque de chance, il faut passer par là pour la rencontrer !
Mademoiselle a pourtant bien la tête en bas depuis 6 mois, me donne des coups terriblement douloureux dans les côtes, prouvant bien qu’elle n’a plus de place !!

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