*Couper le cordon ?

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Iris est à côté de moi, tout près, je l’entends ronfler respirer doucement (soyons sympas). Et je ne peux m’empêcher de jeter des regards répétés vers elle. Comme pour réaliser qu’elle est bien ici, que c’est bien moi qui ai fabriqué ce petit être si précieux. Cinq mois qu’elle est là, et j’en suis encore à ce stade de réflexion. Quand est ce que cela deviendra normal ? Est-ce que ce sera toujours le truc le plus fou qui me soit arrivée dans ma si petite vie ? Au fond, j’ai déjà la réponse.
Si je la couve du regard, c’est aussi parce que c’est devenu la chose la plus instinctive pour moi. Dès l’instant où je l’ai découverte, je ne l’ai plus quittée des yeux. L’allaitement et le sommeil partagé aidant sûrement, j’ai littéralement calqué ma respiration sur la sienne.
J’ai développé une sorte de sixième sens qui me fait entendre le moindre de ses petits gémissements. Comme un radar qui me fait me lever d’un bond au moindre début d’inconfort de sa part la nuit. Même dans une maison à étages, je ne me sers pas de l’écoute bébé.
C’est complètement fou la connexion qui se crée avec son enfant, une sorte de fil invisible qui nous lie de coeur à coeur. Au début, quand Iris pleurait, je pleurais aussi , instantanément. C’était plus fort que tout et très déstabilisant.
Ces premiers mois, j’ai été incapable de la confier à qui que ce soit, comme si elle faisait encore partie de moi. A la maternité, telle une louve avec son petit, je surveillais quiconque s’en approchait. Malgré l’épuisement maximal, j’avais beaucoup de mal à demander de l’aide. Comme un besoin d’acter que c’était moi sa maman.

Je me souviens de la première fois où je l’ai faite dormir dans son berceau plutôt que sur moi, dans notre lit. J’étais épuisée, je me disais qu’il fallait que j’en profite pour dormir aussi, « délestée » de ce petit poids sur ma poitrine. Au lieu de cela, je suis restée immobile, comme amputée d’un membre, dans l’incapacité totale de fermer un oeil, je ne pouvais que la regarder dormir. Ce fameux instinct maternel, tellement puissant. Malgré l’accumulation des nuits blanches, on refuse d’être séparé de son enfant.
Aujourd’hui, enfin, j’ai appris à dormir ! Mais de ce fameux sommeil léger de maman ! ;)

C’est peut être pour ça qu’on nous dit que c’est naturel. Parce que naturel ne veut pas dire « simple » ou « facile ». Juste que cela vient des tripes. Malgré la fatigue physique et psychologique, on refuse de laisser cette petite personne seule ou à quelqu’un d’autre, on va au delà de son propre confort pour elle. C’est peut-être là que commence ce fameux rôle de mère.

Il faut du temps pour apprendre à couper ce fameux cordon. Apprendre que ce petit être qui a grandi en soi, que l’on a eu pendant neuf mois juste pour soi, est une personne à part entière. De un, on devient deux. Pour certaines, cela se fait dès l’accouchement, elles arrivent à retrouver leur individualité instantanément, à déléguer. Pour ma part, je me rends compte que c’est un long processus.
Et puis après tout. Lorsque je la regarde, encore si petite avec ses cinq minuscules mois de vie au compteur, je me dis que nous avons bien le temps pour être indépendantes l’une de l’autre. Cette fusion peut bien durer encore quelques semaines de plus, non ? :)

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*Chapitre 1. C’est l’histoire d’une rencontre.

Nous sommes fin août. Il fait une chaleur écrasante, je me traîne, épuisée par les températures, mon gros ventre et cette fin de grossesse qui n’en finit pas. J’arrive au terme, et toujours rien.
9 mois c’est terriblement long !
Je trépigne d’impatience, je ne ressens aucune contraction, je me demande si ce bébé aura un jour envie de sortir. Non pas que je sois impatiente d’accoucher, oh non, je suis même morte de trouille ! Mais manque de chance, il faut passer par là pour la rencontrer !
Mademoiselle a pourtant bien la tête en bas depuis 6 mois, me donne des coups terriblement douloureux dans les côtes, prouvant bien qu’elle n’a plus de place !!

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